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Villes tentaculaires - Měst chapadel

 

Villes tentaculaires - Měst chapadel

 

Poésie-théâtre

 

 

D´apres l´oeuvre d´Emile Verhaeren

 

 

Gersende Demma, Marek Sykora, Marcello Billardi, Josef Bujon

Director : Marek Sykora

Duden/avril 2007-KUD- Liberec / photos : Jean-Marie Isoard

 

extraits fr/cz

 

CHANSON DE FOU


-Brisez-leur pattes et vertèbres,  (6 krat)

Chassez les rats, les rats.

Et puis versez du froment noir,

Le soir dans les ténèbres.

 

-Zlamte jim tlapy a páteř.

Vyžeňte krysy, ty krysy!

 

Jadis, lorsque mon coeur cassa,

Une femme le ramassa

Pour le donner aux rats.

 

-Zlamte jim tlapy a páteř.

-Brisez-leur pattes et vertèbres.

 

Souvent je les ai vus dans l‘âtre,

Tache d‘encre parmi le plâtre,

Qui grignotaient ma mort.

 

Často jsem je vídal v krbu.

Inkoustové skvrny v omítce.

Ohlodávaly mou smrt.

 

-Brisez-leur pattes et vertèbres .

-Zlamte jim tlapy a páteř.

 

L’un d’eux, je l’ai senti

Grimper sur moi la nuit,

Et mordre encor le fond du trou

Que fit, dans ma poitrine,

L’arrachement de mon coeur fou.

 

-Zlamte jim tlapy a páteř.

-Brisez-leur pattes et vertèbres.

 

Ma tête à moi, les vents y passent,

Les vents qui passent sous la porte,

Et les rats noirs de haut en bas

Peuplent ma tête morte.

 

-Zlamte jim tlapy a páteř.

-Brisez-leur pattes et vertèbres.

 

Car personne ne sait plus rien.

Et qu’importent le mal, le bien,

Les rats, les rats sont là, par tas,

 

Neboť nikdo už nic neví.

Ani zlo, ani dobro už nevadí.

Krysy, krysy už jsou tady,na hromadách.

 

Dites, verserez-vous ce soir, le froment noir,

A pleines mains, le soir, dans les ténèbres ?

 

Vyžeňte krysy!!!



LES MENDIANTS

 


Za zimních dní, kdy svírá led,

Jdou žebráci jak šílení.

 

Les jours d‘hiver quand le froid serre

Le bourg, le clos, le bois, la fange,

Poteaux de haine et de misère,

Par l‘infini de la campagne,

Les mendiants ont l‘air de fous.

 

Po ránu, ještě těžcí tmou,

Zapadnou do úvozů cest,

Se skývou v dešti smáčenou,

A odevzdaní v každém gestu;

Na prazích osamělých statků časem

Vztyčí se náhle jako zloději

Zvečera oslnění jasem

Prudce rozlétlých veřejí.

Jdou žebráci jak šílení.

 

Dans le matin, lourds de leur nuit,

Ils s‘enfoncent au creux des routes,

Avec leur pain trempé de pluie

Et leur chapeau comme la suie

Et leurs grands dos comme des voûtes

Et leurs pas lents rythmant l‘ennui;

Midi les arrête dans les fossés

Pour leurs repas ou leur sieste;

On les dirait immensément lassés

Et résignés aux mêmes gestes;

Pourtant, au seuil des fermes solitaires,

Ils surgissent, parfois, tels des filous,

Le soir, dans la brusque lumière

D‘une porte ouverte tout à coup.

Les mendiants ont l‘air de fous.

 

Jdou dál vstříc drsné krajině,

Jalovost strohou odrázejí

Ty smutné oči v hlubině

A v hloubce rakví mrazí

Mrtvé,

Chmurní, zatvrzelí

Na cestách před kostely

Strnou vzpříma, ten dl, ten blíže,

žebráci jako kříže.

 

Ils s‘avancent, par l‘âpreté

Et la stérilité du paysage,

Qu‘ils reflètent, au fond ds yeux

Tristes de leur visage;

Avec leurs hardes et leurs loques

Et leur marche qui les disloque,

L‘été, parmi les champs nouveaux,

Ils épouvantent les oiseaux;

Et maintenant que décembre sur les bruyères

S‘acharne et mord

Et gèle, au fond des bières,

Les morts,

Un à un, ils s‘immobilisent

Sur des chemins d‘église,

Mornes, têtus et droits,

Les mendiants, comme des croix.

 

Se zády jako sbřemenem

A v saznatém svém širáku

Obyvají křižovatky

Vichru a lijáku.

 

Avec leur dos comme un fardeau

Et leur chapeau comme la suie,

Ils habitent les carrefours

Du vent et de la pluie.

 

Oni jsou jednotvárný krok

-Jejiž přines, odnes času tok

Neznaven, stejný rok co rok-

Od obzoru až po obzor.

Jsou úzkost a jsou tajemství

A jejich sukovice srdce

Zvonů zoufalství,

Jež umíráčkem zemí zní.

 

Ils sont le monotone pas

-Celui qui vient et qui s‘en va

Toujours le même et jamais las-

De l‘horizon vers l‘horiizon.

Ils sont l‘angoisse et le mystère

Et leurs bâtons sont les battants

Des cloches de misère

Qui sonnent à mort sur la terre.

 

Když na konec pak každý padne,

Vyrušen žízní, břicho chladné,

Jako vlci se zahrabou

V noru svou.

A člověk, jenž se vrací

Po každodenní práci

A odskočí to tělo pochovat,

Strach míva pohlédnout jim v tvář,

Kde věčnou zář

Hrozby pod víčkyvidí plat.

 

Aussi, lorsqu‘ils tombent enfin,

Séchés de soif, troués de faim,

Et se terrent comme des loups, Au fond d‘un trou,

Ceux qui s‘en viennent,

Après les besognes quotidiennes,

Ensevelir à la hâte leur corps

Ont peur de regarder en face

L‘éternelle menace

Qui luit sous leur paupière, encor.



 

LE DEPART ( pêle-mèle)

 


Buveurs de pluie,

Lécheurs de vent, fumeurs de brume

Les gens d‘ici n‘ont rien de rien.

 

Píjácí deště,

Jedlíci větru, kuřáci mhy

Zdejši lid nemá ničehož nic.

 

Les gens s‘en vont, les gens d‘ici,

Par la grand route à l‘infini.

 

Zdejši lid odchází, jde a jde

Cisářkusilnicí bez knoce,

K nokonečnu.

 

Les gens d‘ici sont gens de peur:

Ils font des croix sur leur malheur

Et tremblent;

 

Zdejší lid stádo bazlivců je:

Nad neštěstím scým se pokřižuje

A dál se třese.

 

Les gens d‘ici ont peur de l‘ombre sur leurs champs,

De la lune sur leurs étangs,

D‘un oiseau mort contre une porte;

Les gens d‘ici ont peur des gens.

 

Zdejši lid leká se stínů na polích,

Bojí se odlesku měsíce v rybnících,

Bojí se ptáka, jenž o zed’ se zabil,

Zdejši lid bojí se nejvice lidí.

 

Les gens s‘en vont, les gens d‘ici,

Par la grand route à l‘infini.

 

Zdejši lid odcházi, jde a jde

Císařskou silnicí bez konce,

K nekonečnu.

 

Tous les chemins vont vers la ville

Všechny cesty vedou do města

 

Du fond des brumes,

Comme d‘un rêve, elle s‘exhume.

C‘est la ville tentaculaire!

 

To je to město chapadel

 

Ces sont des ponts musclés de fer!

Jsou to mosty se železnými svaly

Des tours sur des faubourgs!

Jsou to věže nad čtvrtěmi měst!

 

Des millions de toits!

Jsou to miliony střech!

 

La vie avec des flots d‘alcool est fermentée.

Život spalují proudy alkoholu

Places! Bazars! Gares! Marchés!

Náměstí, třníce, nádraží, kšefty!

 

Elle surgit: désir, splendeur, hantise;

Narůstá: touha, nádhera, úzkost

 

Ses murs se dessinent pareils à une armée

Jejich zdi se rýsují jako zástup vojská

 

Et les chemins d‘ici s‘en vont à l‘infini.…Vers ELLE.

 

A cesty odtud výcházejí do nekonečna

vstříc městu.


***

 

 

 

 

 

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